Opérations de promotion de la paix - Executive Summary

Pourquoi la Suisse doit prendre ses responsabilités et s'engager davantage dans les opérations de promotion de la paix.

Un conflit armé dans le voisinage de la Suisse est presque exclu à moyen terme. Pourtant, le monde est devenu plus petit:les menaces et défis actuels ne s’arrêtent pas aux frontières des Etats. Crime organisé, prolifération d’armes dangereuses, extrémisme armé et terrorisme ainsi que flux de réfugiés fuyant un conflit et troubles économiques peuvent avoir des répercussions de longue portée sur la Suisse. Bien que de tels défis aient souvent leurs origines dans des conflits lointains, leurs conséquences peuvent toucher notre pays rapidement.

Comparée aux autres devoirs de l’armée suisse, les opérations de promotion de la paix coûtent peu d’argent, mais apportent une valeur ajoutée non négligeable pour notre sécurité. La Suisse a donc un intérêt particulier à participer, avec des partenaires internationaux, à la résolution des problèmes de sécurité là où ils se posent. La Suisse doit donc enfin renforcer sa participation militaire aux opérations de promotion de la paix.

Par un engagement plus conséquent dans la résolution internationale des conflits, nous n’améliorons pas seulement notre propre sécurité, mais nous apportons également une contribution effective au maintien de la paix et à la protection des populations en détresse.

Les conflits entre Etats se raréfient de plus en plus. Dans la plupart des conflits actuels, ce sont plutôt des groupes armés et des acteurs étatiques qui s'affrontent. Ces conflits posent des défis extraordinaires aux efforts de promotion de la paix de la communauté internationale. Entre autres à cause du grand nombre de groupes armés impliqués, les conflits actuels ne peuvent souvent faire l’économie d’une forte présence militaire. A son tour, cette stabilisation à moyen terme permet à la société touchée par le conflit d’élaborer des solutions durables avec le soutien de la promotion civile de la paix.

En conséquence, le besoin d’unités militaires capables de rétablir l’ordre dans une zone de conflit et de garantir une certaine stabilité est très important. Ces unités sont indispensables pour protéger des personnes vulnérables, garder des camps de réfugiés et sécuriser la distribution d’aide humanitaire. En outre, ils organisent des transports importants de biens et de personnes, fournissent des informations et surveillent le respect des accords de paix.

D’un point de vue de la politique de développement, les opérations de promotion de la paix peuvent également jouer un rôle décisif. La sécurité, la stabilité et le développement sont à penser comme autant d’exigences formant un tout. Environ la moitié des conflits actuels ont lieu dans les pays les moins développés ; la grande majorité de ces conflits se déroulent dans des régions avec des institutions étatiques très faibles. Afin que le soutien international à la stabilisation de ces régions fragiles puisse être efficace, il doit intégrer des éléments civils et militaires. Un engagement fort et efficace bénéficie à toute la communauté internationale. Car les conséquences économiques d’une guerre civile surpassent largement les coûts d’un management de crise efficace avec les moyens civils et militaires nécessaires. Ces coûts retombent aussi sur la Suisse.

L’armée suisse participe depuis 1953 aux efforts de résolution internationale des conflits dans le cadre des opérations de maintien de la paix. Les contributions de notre armée sont fortement appréciées par nos partenaires et leur qualité est souvent excellente. Toutefois, ces contributions opérationnelles sont quantitativement décevantes. Sur 140'000 militaires suisses, seules 270 personnes participent à des opérations de promotion de la paix. En comparaison à d’autres Etats neutres de l’Europe, l’armée suisse n’apporte qu’une fraction des contributions mises en place par ces Etats pour le management international de conflits.

La communauté internationale attend d’un pays aisé, qui compte parmi les gagnants de la mondialisation, qu’il prenne ses responsabilités et qu’il apporte une contribution à la solution des problèmes globaux. Une contribution substantielle dans les opérations de promotion de la paix est donc également un outil de politique d’intérêt et peut avoir des effets positifs sur d’autres domaines où nous comptons sur nos partenaires.

Bien que la contribution à la promotion de la paix sur le plan international soit l’un des trois devoirs de l’armée suisse, elle eststructurellement défavorisée. Ainsi, un soldat de milice ne peut pas inclure son engagement à l’étranger dans son temps de service obligatoire. Les moyens personnels et financiers font défaut. Cette négligence de la part de notre pays ne peut être justifiée par notre neutralité. Il suffit d’un mandat des Nations Unies ou de l’OSCE afin que l’armée suisse puisse s’engager à l’étranger, avec des contingents armés ou non, en accord avec le droit de neutralité ainsi qu’avec la législation suisse.

Une augmentation quantitative est déjà possible dans le cadre des lois actuelles. Le Conseil fédéral s’est prononcé en faveur d’une augmentation à plusieurs instances. Cependant, cela a été retardé par l’opposition politique. A moyen terme, une modification de la législation militaire doit pouvoir être envisagée. Mais avec la volonté politique nécessaire, la contribution aux opérations de promotion de la paix peut être augmentée substantiellement déjà maintenant, afin qu’elle devienne un élément de l’armée suisse à part entière.

 

FEINHEIT Grafik Zürich – CI/CD, Webdesign, Flash, Webshop, XHTML/CSS