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le climat après Copenhague - executive summary
Objectifs de réduction des émissions, moyens financiers pour les pays en voie de développement et coopération internationale pour une politique climatique suisse orientée vers l’avenir
Les scientifiques s’accordent sur les points suivants: le changement climatique a lieu, il est causé par l’homme et il a des conséquences très importantes et principalement négatives. La Suisse est touchée par un réchauffement plus marqué que la moyenne, par la fonte des glaciers et par des phénomènes météorologiques plus extrêmes. Elle a ainsi beaucoup à gagner d’une politique climatique internationale qui fonctionne. Le Parlement et le Conseil fédéral ne parviennent cependant à s’accorder que sur des mesures de protection climatique minimales. En suivant sa politique actuelle, la Suisse risque de manquer aux objectifs en matière de climat et de passer à côté d’une opportunité économique importante.
Les bases scientifiques étant établies, la question se pose de savoir si la politique internationale est en mesure de mettre en place une protection du climat efficace et équilibrée. Le problème a une grande importance dans l’agenda de beaucoup de gouvernements. Ainsi, tous les chefs d'État influents se sont rencontrés en décembre 2009 à Copenhague, afin de définir dans le cadre d’une conférence de l’ONU les mesures à prendre. L’objectif d’un accord contenant des objectifs d’émissions contraignants a été manqué à Copenhague. Cependant les chefs d'État sont tombés d’accord sur le fait que le réchauffement global doit être limité à deux degrés Celsius au maximum. Ils ont dit être prêts à mettre à disposition des moyens importants pour les pays en voie de développement.
La Suisse se trouve face à des décisions innovatrices à prendre en matière de politique climatique. Le Parlement révise actuellement la loi sur le CO2 en vue de la période après 2012. Le changement climatique en tant que problème global ne s’arrête pas aux frontières géographiques et ne peut être endigué que par un engagement fort de tous les pays. Ainsi les objectifs de réduction des émissions, les moyens financiers et la coopération internationale jouent un rôle particulièrement important pour la politique extérieure suisse.
Selon les scientifiques, afin de limiter le réchauffement à deux degrés Celsius, les pays industrialisés devront réduire leurs émissions de 25-40% jusqu’en 2020 et de 28-95% jusqu’en 2050 (par rapport au niveau de 1990). La Suisse doit viser un but ambitieux d’une réduction de 30-40% jusqu’en 2020, ceci pour plusieurs raisons: en tant que pays particulièrement aisé, nous avons une grande responsabilité. Notre consommation de biens en provenance d’autres pays implique une grande quantité d’émissions cachées (émissions « grises »). Des pays dans des situations similaires ont fixé des objectifs à 30-40%, et la Suisse peut également atteindre ces objectifs au moyen d’innovations (p.ex. isolation des bâtiments, véhicules avec une consommation d’énergie modérée). Nous avons un intérêt propre à réduire notre dépendance au pétrole et à développer un secteur d’exportation pour les technologies peu polluantes.
Afin de surmonter les coûts du changement climatique, les pays en voie de développement ont besoin d’un soutien financier des pays industrialisés, qui sont responsables de la majeure partie des émissions des dernières décennies. De même, il est important d’encourager un développement économique sans émissions de CO2 excessives. Par le passé, la Suisse a investi davantage de moyens financiers que la moyenne. Cependant, la contribution aux engagements de Copenhague est restée jusqu’ici très mince. Si les émissions produites, la prospérité du pays et le soutien financier apporté par le passé sont pris comme critères, la Suisse devrait prendre à son compte 1% des moyens financiers convenus à Copenhague. Cela représente par année environ USD 100 millions dans les 3 prochaines années et jusqu’à USD 1 milliard par année jusqu’en 2020. Par une participation responsable à ces moyens financiers liés aux mesures climatiques, la Suisse peut promouvoir ses exportations de technologies et améliorer son image d'État respectueuse de l’environnement. Elle aidera ainsi à créer des mécanismes stimulants efficaces et à mettre en avant la responsabilité nationale. Ces moyens financiers ne doivent cependant pas être mis à disposition aux dépens de la coopération au développement. Un exercice d’alibi sous forme d’une restructuration des moyens financiers est à éviter.
Le changement climatique en tant que problème global ne peut être combattu que de manière globale. Une coopération internationale qui fonctionne est nécessaire. Afin d’y parvenir, un engagement exemplaire et fort des pays aisés est essentiel. La Suisse devrait s’engager encore plus clairement à l’ONU, à la Banque Mondiale et dans d’autres organisations concernées et se présenter avec des objectifs climatiques forts comme partenaire consciente de ses responsabilités. En plus du rôle central des processus de l’ONU, les coopérations bilatérales doivent être prises en compte. Étant donné que les intérêts divers des États rendent difficile l’établissement d’un régime climatique global fort, les coopérations bilatérales avec des pays respectueux de l’environnement ont une signification particulièrement importante. L’échange de droits d’émission et les partenariats technologiques en particulier représentent des chances, car des économies d’échelle, des mesures moins coûteuses et des possibilités d’exportation peuvent être utilisées.
Une politique climatique affirmée, dotée d’objectifs ambitieux, de moyens financiers appropriés et de partenariats internationaux, offre à la Suisse aussi après Copenhague des chances en matière de politique intérieure et extérieure. Elle peut ainsi se positionner en tant que nation respectueuse de l’environnement et consciente de ses responsabilités, améliorer les possibilités d’exportation de l’industrie des technologies propres, réduire sa dépendance aux combustibles fossiles et contribuer efficacement à la protection climatique internationale. Une politique climatique isolée et réservée n’est par contre ni responsable ni durable.
http://twitter.com/foraus